Le Voyage de MM. Dunanan père et fils

Opéra-bouffe en 3 actes et 4 tableaux de Jacques Offenbach

Livret de Paul Siraudin et Jules Moinaux

Compagnie Opéra du Jour – Compagnie Fortunio

Première représentation : Paris, théâtre des Bouffes-Parisiens, 22 mars 1862
 

Distribution par ordre d’entrée sur scène

La femme de l’hôtelier : Dorothée Thivet
L’hôtelier : Christophe Doînel
Lespingot : Richard Golian
Tympanon : Pierre Girod
Dunanan : Xavier Meyrand
Patrocle : Kevin Lérou
Astrakan : Geoffroy Bertran
Paméla : Charlotte Mercier
Agathe : Marie-Amélie Tek
Berthe : Lou Benzoni Grosset
Léocadie : Dorothée Thivet
 
Mise en scène : Geoffroy Bertran
Piano et direction musicale : Frédéric Calendreau
Flûte : Jacinthe Moreau
Chorégraphie : Estelle Danière
Décors : Marie-Amélie Tek et Geoffroy Bertran
Costumes : Muriel Rémond, Geoffroy Bertran et Marie-Amélie Tek
Paris
Novembre 2019
 

L’oeuvre

Le Voyage de MM. Dunanan père et fils fut créé en 1862 aux Bouffes-Parisiens, le théâtre fondé en 1855 par Offenbach pour y monter ses œuvres et où Orphée aux Enfers, notamment, avait triomphé en 1858. Le livret, d’un burlesque souvent proche de l’absurde, met en scène un père et son fils quittant pour la première fois leur Auvergne natale et débarquant à Paris en se croyant à Venise. Les personnages et les situations semblent tout droit sortis d’une des comédies qu’Eugène Labiche écrivait à l’époque pour les théâtres du Palais-Royal ou du Gymnase, et les deux librettistes peuvent souvent se mesurer à lui pour la fantaisie du dialogue ; le titre évoque d’ailleurs Le Voyage de Monsieur Perrichon (1860), l’un des chefs-d’œuvre du grand vaudevilliste, et l’intrigue fait penser à celle de La Cagnotte (1864), qui montrera également des provinciaux naïfs égarés parmi les embûches de la capitale. Un thème comique que Feydeau, à son tour, exploitera en 1888 dans Les Fiancés de Loches. Le style musical de l’ouvrage est proche de celui du Pont des Soupirs, l’opéra-bouffon créé un an plus tôt sur la même scène, dont l’action se déroulait réellement à Venise – une autre rareté offenbachienne, que le public parisien a pu redécouvrir en 1987 au Théâtre de paris, dans une mise en scène de Jean-Michel Ribes. Offenbach réutilise d’ailleurs dans Dunanan certains ingrédients qui avaient contribué au succès du Pont des Soupirs : la couleur locale pseudo-vénitienne, bien suû, dans la barcarolle « O Venezia la bella » au premier acte ou la séduisante Sérénade des guitares au deuxième, mais aussi l’idée du quatuor « dramatique » pour voix d’hommes (quatuor des poignards dans le Pont des soupirs, quatuor des assassins au 3e tableau tableau des Dunanan). Eclipsé par les grands succès d’Offenbach, le Voyage de MM. Dunanan père et fils est vite tombé dans l’oubli, malgré un accueil initial favorable du public et de la critique, et la dernière représentation qu’on en recense fut donnée… en 1908, à Saint-Chamond, en Haute-Loire. Ce qui prouve que l’Auvergnat n’est pas rancunier !
 

L’intrigue

Le premier acte se déroule à l’hôtellerie du grand Cerf, à Mâcon, où le plus grand des hasards a réuni divers voyageurs : Tympanon, musicien-contrebandier fuyant la douane ; son ancien camarade de Conservatoire, Lespingot, fuyant sa maîtresse abandonnée Paméla, ; monsieur Dunanan et son fils Patrocle, deux Auvergnats en route pour Venise, où Patrocle doit prendre pour femme la signora Paola Dutibia ; et enfin Astrakan, un autre ancien du Conservatoire, qui court à Venise pour empêcher ce mariage, car il aime la dite Paola. Mais comment faire ? Arrive alors Paméla, à la poursuite de Lespingot qu’elle somme de lui trouver un époux, quel qu’il soit. Qu’à cela ne tienne, et d’une pierre deux coups : on conduira les deux Dunanan à Paris en leur disant qu’ils sont à Venise, et on mariera Patrocle à Paméla, qui fera une Paola très présentable ! Dans les deux actes suivants, qui se passent à Paris, tous les moyens seront bons pour entretenir le père et le fils dans leur illusion ; par chance, c’est justement mardi-Gras, et les rues de la capitale sont envahies par le Carnaval…

G. B.